Vous les connaissez, ces clients.

Ils testent vos limites dĂšs le premier jour. Une petite demande. Puis deux. Puis trois. Et ça ne s’arrĂȘte plus.

Chaque détail devient une revendication. Ils épuisent votre équipe. Et, au final, ils restent insatisfaits.

Ce ne sont pas toujours vos plus gros clients. Parfois, c'est la belle marque, celle qui a l'habitude des traitements VIP. Celle qui s'attend Ă  plus, toujours plus.

Alors comment sortir de cet engrenage ? Comment dire stop, poser des limites, ET arriver Ă  les satisfaire tout en leur faisant payer ce qu'ils demandent ?

Bienvenue dans cette édition de CS Revenue !

đŸ’„ L'histoire qui m'a fait comprendre

Un jour, j'ai sévÚrement recadré (pour rester poli) un stagiaire chez un client.

Il sollicitait trop son CSM, tout le temps de nouvelles demandes. Mon Ă©quipe craquait. Sa boss m’a rappelĂ©e pour s’excuser. Aujourd’hui ? C’est l’une de mes meilleures clientes.

J'ai fait ça parce que mon équipe avait besoin de mon soutien. Parfois, il faut taper du poing sur la table.

Mais soyons clairs : c'est un échec quand on en arrive là.

Si j'avais mieux coaché mon équipe dÚs le début, si j'avais instauré le bon cadre au démarrage, nous aurions évité cette situation.

Voici ce que j'ai appris depuis. Les étapes à suivre pour ne pas avoir besoin d'en arriver à "l'explosion".

🆙 Étape 1 : Votre position est votre fondation

Se positionner Ă  leur niveau, c’est non nĂ©gociable.

C'est vous l'expert. C'est toujours un partenariat.

Trop souvent, j'ai vu des CSM remercier le client pour son temps aprĂšs une rĂ©union. Pourquoi ? Votre temps a autant de valeur que le leur. Vous ĂȘtes lĂ  pour les aider, c'est un service prĂ©cieux que vous apportez.

Vous ĂȘtes Ă  Ă©galitĂ©. Vous allez ĂȘtre poli, professionnel, dĂ©vouĂ©. Mais vous avez la lĂ©gitimitĂ©.

Si vous voulez le respect et que vos clients valorisent ce que vous faites, commencez par valoriser vous-mĂȘme votre travail.

đŸ–Œïž Étape 2 : CrĂ©er la confiance en partageant le cadre

Cadrez ce qui va se passer dÚs le début.

Que ce soit en onboarding ou lors d'une reprise de compte, c'est Ă  vous d'expliquer :

  • Ce que vous allez faire pour le client

  • Sous quel dĂ©lai

  • Ce qui est compris (et ce qui ne l'est pas)

Trop souvent, le client réclame plein de choses parce qu'il n'est pas en confiance et qu'il ne sait pas ce qui se passe.

La clartĂ© tue l'anxiĂ©tĂ©. Et c’est l'anxiĂ©tĂ© gĂ©nĂšre les demandes excessives.

👍/👎 Étape 3 : Dire oui pour mieux dire non

Le client en veut quand mĂȘme d’avantage malgrĂ© le cadrage ? MĂȘme si c'est minime (surtout si c'est minime), dites oui. Mais prĂ©cisez que c'est exceptionnel.

Deux cas de figure :

→ Vous l'aviez dĂ©jĂ  dit : Le client vous demande d'avancer une date de livraison.

RĂ©ponse : "Comme je vous l'avais dit, c'est normalement prĂ©vu pour fin mars. Exceptionnellement, j’ai pu faire passer votre demande en prioritĂ©, nous pourrons livrer gratuitement 2 semaines plus tĂŽt.”

→ C'est une requĂȘte inattendue : Le client veut encore changer la couleur de l'interface.

RĂ©ponse : “Normalement, c’est une option payante. Exceptionnellement pour vous, je le fais passer sans frais cette fois.”

Pourquoi ça marche ? Parce que vous montrez de la flexibilitĂ© tout en plantant une graine : ce n'est pas la norme. En disant oui pour ce petit extra mais en prĂ©cisant le caractĂšre exceptionnel, vous dites explicitement “non” pour la grosse requĂȘte qui va arriver ensuite.

💰 Étape 4 : Il n’y a pas de problùme, que des solutions

Le client revient à la charge avec trois nouveaux changements de couleurs, veut accélérer le projet, et ainsi de suite.

Prenez votre tĂ©lĂ©phone. Expliquez vos limites. Et proposez une solution simple : qu’ils paient.

Tout se monnaye. Vous avez peut-ĂȘtre l'impression d'avoir un client compliquĂ© qui demande d'aller plus vite, mais il a peut-ĂȘtre une deadline qui vient de tomber et est prĂȘt Ă  payer pour ça.

Il est aussi trĂšs probable qu’il ne souhaite pas prendre des options supplĂ©mentaires. Mais en donnant un prix aux nouvelles demandes, vous leur donnez une valeur. Et vous renvoyez la balle dans leur camp, le choix chez eux. Ca suffit trĂšs souvent Ă  arrĂȘter les nouvelles demandes et Ă  aider le client Ă  prioriser ce dont il a vraiment besoin.

đŸ—Żïž Étape 5 : Recadrer quand ça ne suffit pas

Parfois, malgré tout ses techniques, ça ne suffit pas.

Les demandes arrivent à la chaßne, sans cohérence, sans impact business clair. Elles ne justifient pas un budget additionnel, mais elles détruisent votre charge mentale.

La conversation de recadrage “en dur”, celle oĂč vous posez enfin les vraies limites, devient alors nĂ©cessaire. Elle mĂ©riterait une newsletter Ă  elle seule. On y reviendra.

🎯 Votre action cette semaine

On va faire simple.

À la prochaine demande “en plus” d’un client :

  1. Dites oui, mais en prĂ©cisant clairement que c’est exceptionnel.

    « Ok pour cette fois, je le prends en exceptionnel. Ce n’était pas prĂ©vu dans ce qu’on avait cadrĂ© au dĂ©part. »

  2. Vérifiez immédiatement si le cadre est bien posé :

    « Juste pour ĂȘtre sĂ»rs qu’on est alignĂ©s : voilĂ  ce qui est inclus aujourd’hui, et voilĂ  ce qui est en dehors du cadre. On garde ça comme base pour la suite ? »

Une petite phrase. Une petite exception.

Mais un énorme changement de posture.

Cette édition vous a aidé ? Partagez-la.

Envoyez ce lien Ă  un collĂšgue CS qui galĂšre avec un client insatiable :

Bonne semaine Ă  tous,

Marion

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