J'espĂšre que vous ĂȘtes dĂ©jĂ  dans les starting-blocks pour cette rentrĂ©e ! Je suis ravie de vous retrouver, avec plein d'idĂ©es et de nouveaux sujets Ă  vous partager : le mapping d’un compte, des skills IA pensĂ©s pour les Customer Success, le revenue dans la relation CS-produit...

Mais pour cette édition, j'ai décidé de ne pas en ajouter à votre liste déjà chargée. En cette rentrée, je vous propose plutÎt de regarder ce qu'on ne devrait pas faire.

Je parle d'une stratĂ©gie que tout le monde pratique mais que personne n'ose nommer : la technique du « faire le mort » ☠

Bienvenue dans cette édition peu conventionnelle de CS Revenue !

💭 Le rĂȘve vs la rĂ©alitĂ© du quotidien

Dans le monde idéal du Customer Success et de l'entreprise à succÚs, il ne fait pas bon parler de certaines stratégies. Pourtant, tous les seniors et managers les pratiquent, simplement, en silence.

On n'en entend pas parler en confĂ©rence, ni en newsletter d'ailleurs, parce qu'on aimerait tous montrer une image de maĂźtrise. Oui, une bonne Ă©quipe CS est proactive, data-driven et se concentre sur le ROI de ses clients Ă  chaque QBR, oĂč le C-level du client est Ă©videmment prĂ©sent Ă  chaque fois 🙄.

Sauf que bien sĂ»r ce n'est pas la rĂ©alitĂ©. Aucune Ă©quipe CS ne vit ce quotidien qu'on nous vend en permanence. Et, avant les renouvellements annuels, autant affronter les choses en face et se concentrer sur ce que veut vraiment dire ĂȘtre stratĂ©gique dans le quotidien pas si rose d'un service client.

🙊 Faire le mort, ça veut dire quoi exactement

Faire le mort, c'est arrĂȘter volontairement de relancer un client dans les semaines qui prĂ©cĂšdent sa date de prĂ©avis. Pas par nĂ©gligence. Par choix.

Si je vous en parle maintenant, ce n'est pas un hasard. Beaucoup d'entre vous ont des clients en renouvellement tacite dont le prĂ©avis court Ă  l'automne. La rentrĂ©e devient donc la fenĂȘtre Ă  risque. Si votre calendrier est diffĂ©rent, restez quand mĂȘme : la mĂ©canique s'adapte Ă  n'importe quelle Ă©chĂ©ance, il suffit de la dĂ©caler.

Et oui, quand on en arrive lĂ , c'est souvent qu'on n'a pas rĂ©ussi Ă  rĂ©engager le client plus tĂŽt. Ça ne veut pas dire que vous n'avez rien fait. Vous avez peut-ĂȘtre proposĂ© des points en avril, en mai, en juin, sans jamais avoir de retour. Mais aujourd'hui le prĂ©avis court et un courrier peut tomber d'un jour Ă  l'autre. La question n'est plus « qu'est-ce que j'aurais dĂ» faire », c'est « qu'est-ce que je fais maintenant ».

🧠 Ce qui se passe vraiment dans la tĂȘte de votre client

Certains de vos clients restent chez vous non pas parce qu'ils sont convaincus, mais parce qu'ils n'ont pas priorisĂ© leur dĂ©part. Ils aimeraient peut-ĂȘtre changer. Sauf qu'ils ont dĂ©jĂ  validĂ© la ligne de budget, dix autres projets tournent en parallĂšle et personne n'a le temps de demander aux achats d'envoyer le fameux courrier.

Ce client-là tient à un fil. Et vous voudriez lui rappeler votre existence ? Lui proposer de faire le point, quitte à lui donner l'énergie d'enclencher son départ ? Une relance mal placée en septembre, c'est parfois le petit coup de pouce qui transforme une intention floue en résiliation actée. Le silence, ici, n'est pas de la lùcheté. C'est du calcul.

đŸ—“ïž Votre plan pour le mois et demi qui prĂ©cĂšde les prĂ©avis

Il y a de grandes chances que vous pratiquiez déjà cette technique sans vraiment vous l'avouer. Autant en faire un choix cadré plutÎt qu'un réflexe honteux, et ça commence par du tri. Classez vos comptes qui renouvellent en fin d'année en trois cas.

Cas 1 : des doutes, aucune conversation ouverte.
On fait le mort pendant un mois et demi. Attention, faire le mort ne veut pas dire disparaĂźtre. Vous prenez toutes les demandes entrantes, vous pouvez mĂȘme passer le client en haute prioritĂ© sur le support, vous ĂȘtes aux petits soins sur ce qui vient de lui. Mais vous ne provoquez rien. S'il ne donne pas de nouvelles, vous n'en donnez pas non plus. Vous vĂ©rifiez la date de fin de prĂ©avis, vous confirmez que vous ĂȘtes bien en tacite et vous rappelez votre client le lendemain de la fin du prĂ©avis (on se garde un jour de marge).

Cas 2 : le client a partagé ses doutes et veut en parler.
Là c'est tout l'inverse. Le sauvetage de derniÚre minute est difficile sur un compte qui refuse le dialogue, mais si votre client veut négocier, il vous tend une perche. Mettez-y le maximum d'énergie. C'est là que se joue votre rétention active.

Cas 3 : vous ĂȘtes sĂ»r du renouvellement.
Business as usual, voire un peu plus. C'est le moment de proposer un upsell, pour capter les queues de budget de l'année en cours comme pour sécuriser celui de l'année prochaine. Vous réengagez le client dans du « plus » et au passage vous verrouillez sa ligne budgétaire chez vous.

✍ Et surtout, actez votre dĂ©cision en interne

C'est le point que personne ne fait, alors que c'est peut-ĂȘtre le plus important. Faire le mort reste un pari, pas une solution parfaite. Alors ne le gardez pas pour vous. Notez la dĂ©cision, expliquez Ă  votre manager pourquoi vous choisissez le silence sur tel compte, posez le raisonnement Ă  l'Ă©quipe. Comme ça, si le pari ne suffit pas et que le client part quand mĂȘme, personne ne pourra vous reprocher de ne pas avoir tout tentĂ©. Vous aviez une stratĂ©gie, elle Ă©tait assumĂ©e, elle Ă©tait Ă©crite. C'est toute la diffĂ©rence entre un CSM qui a fait un choix et un CSM qui a laissĂ© filer.

🔼 Pour ne plus en arriver là

Bien entendu, l'objectif reste d'avoir le moins de raisons possibles d’utiliser cette stratĂ©gie. Pour qu'elle reste l'exception, travaillez vos renouvellements en amont. Le but : Ă©viter de vous retrouver l'an prochain avec des clients dans la case « je ne sais pas ».

🎯 Le dĂ©fi de la quinzaine

Listez vos clients qui renouvellent d'ici la fin de l'année. Classez chacun dans l'un des trois cas ci-dessus. Pour les comptes du cas 1, notez noir sur blanc la date de fin de préavis et posez-vous dÚs maintenant un rappel d'appel pour le lendemain. Et pour chaque compte que vous décidez de laisser dormir, envoyez un mot à votre manager qui acte le choix et son raisonnement.

đŸ“© Faites tourner

Cette Ă©dition vous a fait penser Ă  un collĂšgue prĂȘt Ă  dĂ©gainer toutes ses relances de rentrĂ©e ? TransfĂ©rez-la lui avant qu'il ne rĂ©veille le mauvais client. Et s'il n'est pas encore abonnĂ©, il peut nous rejoindre sur csrevenue.fr.

La prochaine fois, un sujet plus conventionnel mais tellement important : comment cartographier vos comptes ! Pourquoi s'appuyer sur un seul contact est un risque. Et comment identifier vos vrais décideurs, champions et bloqueurs avant qu'un départ ne casse tout votre travail.

Bonne semaine Ă  tous,

Marion

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