Je sais que je ne vais pas me faire que des amis avec cette édition.
En effet, j'ai aussi des sales en abonnĂ©s (dont mon propre mari đ±, sales corps et Ăąme, qui corrige chaque newsletter avant diffusion !).
Pourtant, il ne faut pas oublier que nous avons chacun des métiers différents. Mais beaucoup de qualités chez vos collÚgues commerciaux peuvent vous aider à mieux accompagner vos clients.
On pourrait s'inspirer davantage de leur travail pour mieux servir nos clients. Et laisser ce qui ne nous aidera pas (et qui parfois devrait ĂȘtre oubliĂ© chez les sales aussi).
Bienvenue dans l'édition 12 de CS Revenue !
đïž L'Audace : A PRENDRE â
Chez les sales :
C'est bien connu, un commercial ose tout ! Il rappelle le client qui lui a raccroché au nez, il demande à son interlocuteur pourquoi le deal patine, il contacte directement le directeur quand il n'a pas de retour.
Pourquoi s'en inspirer :
Parce que vos clients ont aussi besoin de quelqu'un qui ose les déranger avec la bonne question. Parce que si vous ne demandez pas, vous ne saurez pas.
L'audace, c'est cette capacité à déranger pour créer du progrÚs.
Comment l'adapter au CS :
Osez dire que vous ne savez pas. Osez poser la question qui vous fera peut-ĂȘtre passer pour un non-expert mais va dĂ©bloquer la situation.
Proposez d'échanger sur une offre supérieure. Demandez en fin d'onboarding une recommandation à votre champion. Proposez une réunion en physique quand la situation est tendue.
Au pire : votre client dira non. Ou ne vous répondra pas.
Si vous restez droit dans vos bottes, si vous montrez que vous voulez aider vos clients, ça ne peut que fonctionner.
L'audace, ce n'est pas agressif. C'est direct. C'est ĂȘtre assez convaincu par un idĂ©e pour oser dĂ©ranger.
đ€ La PersĂ©vĂ©rance : A prendre â
Chez les sales :
Un bon sales, c'est quelqu'un qui a raté 10 deals et qui ouvre son CRM pour attaquer le 11Úme. Parce qu'il sait que le pitch qui n'a pas marché chez un client va résonner chez un autre. Ils encaissent les refus comme des données, pas comme des échecs et ils ne le prennent pas personnellement.
Pourquoi s'en inspirer :
Parce que trop de CSM abandonnent une stratégie aprÚs un seul non.
Vous proposez un service additionnel. Le client refuse. Vous vous dites : « Ok, cette offre n'intĂ©resse personne. » Faux. Elle n'intĂ©ressait pas CE client, Ă CE moment. Mais les 12 autres de votre portefeuille ? Vous n'avez mĂȘme pas essayĂ©.
Comment l'adapter au CS :
Client 1 dit non â vous apprenez que l'argument "gain de temps" ne suffit pas.
Client 2 dit non â vous comprenez que le frein c'est le change management.
Client 3 â vous arrivez avec un tĂ©moignage, un plan allĂ©gĂ© et un angle ROI bĂ©ton. Il dit oui.
Les 2 premiers ânonâ n'Ă©taient pas des Ă©checs. C'Ă©taient des rĂ©pĂ©titions gĂ©nĂ©rales.
âł La Patience : A prendre â
Chez les sales :
Un deal prend presque toujours plus longtemps que prĂ©vu. Les commerciaux le savent. Alors au lieu de forcer, ils restent en mouvement : ils travaillent d'autres deals, cultivent d'autres relations, avancent sur d'autres fronts. Et le jour oĂč le prospect est enfin prĂȘt, ils sont lĂ . AffĂ»tĂ©s. Proposition calĂ©e.
C'est ça la vraie patience : ne jamais confondre attendre et s'arrĂȘter.
Pourquoi s'en inspirer :
Vos clients ont leurs propres cycles. Budget, rĂ©orgs, prioritĂ©s internes. Vous ne contrĂŽlez pas leur calendrier. Mais vous pouvez contrĂŽler le vĂŽtre : continuer Ă semer de la valeur, poser des jalons, prĂ©parer le terrain. Pour qu'au moment oĂč la fenĂȘtre s'ouvre, tout soit prĂȘt.
Comment l'adapter au CS :
Un client vous dit en février « on verra au S2 » pour une expansion. Vous ne disparaissez pas. Entre février et juillet, vous lui partagez un cas client pertinent, vous lui montrez un quick win sur son usage actuel, vous identifiez son cycle budgétaire. En juillet, quand il revient, vous n'avez pas une proposition à construire. Vous avez une proposition à présenter.
La patience, ce n'est pas ralentir. C'est préparer le sprint.
đ La PositivitĂ© : A prendre â
Chez les sales :
Vendredi 17h. Un deal Ă 80k Ă©choue. Le client a gelĂ© son budget. Des semaines de travail, parties en fumĂ©e. Le commercial accuse le coup. Et lundi matin ? Il est dĂ©jĂ sur autre chose. « C'est mort ici. OĂč est la prochaine opportunitĂ© ? »
Les sales ont cette capacité à encaisser et rebondir. Vite. Sans ruminer.
Pourquoi s'en inspirer :
En CS, c'est plus dur. Parce que vous ne passez pas au prospect suivant. Vous restez avec le client mécontent, le churn inattendu, la feature qui n'arrive pas. Tout ça s'accumule. Et la tentation, c'est de se laisser contaminer par le négatif.
Comment l'adapter au CS :
Prenez de la hauteur. Regardez votre portefeuille dans son ensemble : sur 20 clients, 17 avancent bien. Ne laissez pas le client qui crie le plus fort éclipser tous les succÚs silencieux.
Ce n'est pas ignorer les problĂšmes. C'est refuser de leur donner tout l'espace.
đŻ L'Hyper-Focus : A laisser â
Chez les sales :
Un commercial vit dans son pipe. Relances, démos, négociations, closing. Du matin au soir, un seul sujet : la vente. Pas de réunion produit. Pas de suivi post-signature. Pas de gestion de la satisfaction. Juste : ouvrir des deals, les avancer, les fermer. Recommencer.
C'est ultra-efficace pour faire du chiffre. C'est ultra-dangereux pour un CSM.
Pourquoi c'est un piĂšge pour le CS :
Votre mĂ©tier, câest la vision dâensemble. GĂ©nĂ©rer du revenu, câest une de vos tĂąches, une importante, mais pas la seule. Si vous ne pensez quâupsell, vous perdez de vue lâadoption, les irritants, la santĂ© de la relation au quotidien.
Et pourtant, câest tout le reste qui fait qui crĂ©er des opportunitĂ©s.
Comment ne PAS lâadapter :
Ne tombez pas dans le piĂšge du mono-objectif. Pensez Ă vos objectifs de revenus, oui, mais pensez surtout Ă ce qui est important pour votre client : ses prioritĂ©s, ses contraintes, son niveau dâadoption actuel. RĂ©flĂ©chissez global, Ă lâĂ©chelle de la relation, pas seulement du trimestre.
La génération de revenu supplémentaire est une conséquence logique de votre accompagnement et du succÚs de vos clients, pas un objectif isolé.
đĄ L'AgressivitĂ© : A laisser â
Chez les sales :
Un peu de compĂ©tition peut donner de lâĂ©nergie. Mais poussĂ©e trop loin, elle se transforme en agressivitĂ© : pression permanente, ultimatums, faux dĂ©lais, remarques qui piquent. Et soyons honnĂȘtes : je ne le recommande pas non plus aux commerciaux. Ăa vient souvent dâune pression Ă©norme sur le chiffre⊠et ça nâapporte pas grand-chose, ni en qualitĂ© de deals, ni en qualitĂ© de collaboration interne.
Pourquoi câest un piĂšge pour le CS :
En CS, lâagressivitĂ© est un contresens total. Votre mĂ©tier repose sur la confiance, la transparence et la capacitĂ© Ă faire travailler tout le monde ensemble : client, produit, support, parfois mĂȘme les sales. Si vous commencez Ă mettre la pression, Ă hausser le ton, Ă pousser vos propres objectifs avant ceux du client, vous cassez exactement ce qui fait votre force : la relation.
Comment ne PAS lâadapter :
En CS, le jeu est collectif. Avec vos clients comme avec vos Ă©quipes internes. Travaillez vos deals dâexpansion comme un sport dâĂ©quipe : partage dâinfos, alignement sur ce qui est bon pour le client, bienveillance dans les Ă©changes. Votre influence vient de votre capacitĂ© Ă embarquer tout le monde, pas Ă imposer.
đ Le Focus Court Terme : A laisser â
Chez les sales :
« Je dois fermer ce trimestre. Point. » Leur prioritĂ© est claire : atteindre lâobjectif maintenant. Le renouvellement, lâadoption long terme, ce sera gĂ©rĂ© plus tard, souvent par dâautres.
Pourquoi câest un piĂšge pour le CS :
En CS, vous jouez sur la durĂ©e. Si vous ne regardez que les 3 prochains mois, vous allez nĂ©gliger les clients âsilencieuxâ qui finiront par churner, accepter des demandes ou des offres qui ne collent pas au contexte long terme du client, prendre des dĂ©cisions qui soulagent le trimestre⊠et compliquent tout le reste de lâannĂ©e.
Comment ne PAS lâadapter :
Gardez ce rĂ©flexe en tĂȘte : « Si je fais ça maintenant, dans quel Ă©tat sera la relation dans 12 ou 24 mois ? » Votre mĂ©tier, câest de construire une croissance stable et durable, pas de faire du chiffre qui brĂ»le vite et laisse des cendres.
Ătre un CSM qui vend
Vous pouvez ĂȘtre excellent en vente sans devenir un commercial agressif. Vous prenez lâaudace, la persĂ©vĂ©rance, la patience, la positivitĂ©. Mais vous les appliquez dans votre contexte : votre prioritĂ© nâest pas de fermer un deal ce mois-ci, câest de construire le succĂšs de vos clients sur le long terme.
Câest un horizon diffĂ©rent. Et câest exactement ça qui fait votre force.
đ Votre dĂ©fi de cette semaine : Identifiez la qualitĂ© ou la faiblesse que vous souhaitez travailler en premier.
Un grand merci à nos collÚgues Sales pour ces bonnes pratiques (et un grand merci à mon mari pour ses corrections précieuses).
Et vous, qu'admirez-vous chez vos collĂšgues ? Envoyez cette newsletter au commercial qui vous impressionne le plus.
đ https://csrevenue.fr
Ă bientĂŽt,
Marion