Je parle beaucoup d’upsell et de nouveaux projets dans cette newsletter.

Mais quand on parle de “Revenue” en Customer Success, le premier sujet reste de maintenir les revenus existants. C’est pourtant moins valorisĂ©, alors que c’est le point le plus important.

Un client qui renouvelle “normalement” fait moins de bruit qu’un gros upsell signĂ©. Pourtant, sur plusieurs annĂ©es, c’est lĂ  que se trouve la plus grosse partie de la valeur créée.

Aujourd’hui, j’ai donc envie de parler d’un sujet qu’on connaüt tous : le client qui envisage de partir.

Pas forcĂ©ment un churn officiel. Pas encore. Mais vous sentez que la relation bascule. Vous recevez un courrier “à titre conservatoire”, le client relance un appel d’offres ou demande simplement Ă  rediscuter du partenariat.

À ce moment-lĂ , gĂ©nĂ©ralement, ça commence Ă  paniquer en interne. Trop vite, trop fort. Pourtant, ce n’est pas la pire des situations. Un client qui objecte reste un client qui parle.

Alors comment Ă©tablir un plan d’action assez clair pour garder ce client en dosant l’effort et ainsi conserver du temps pour les clients silencieux ?

Bienvenue dans cette nouvelle édition de CS Revenue.

🧯 PremiĂšre Ă©tape : calmer l’interne

Quand un client annonce envisager de partir, tout le monde veut aider en mĂȘme temps.

Le manager veut organiser une escalation immĂ©diatement. Le Sales veut reprendre la main alors qu’il n’a pas parlĂ© au client depuis des mois. Le produit veut expliquer pourquoi “ce n’est pas si grave”. Et parfois, le client reçoit trois messages diffĂ©rents dans la mĂȘme journĂ©e.

Au milieu de tout cela, vous essayez de montrer votre rĂ©activitĂ©, mais sans cadre clair, vous n’arrivez pas Ă  ĂȘtre entendu.

La prioritĂ© est donc d’établir un plan d’action simple : quelles informations clĂ©s Ă  rĂ©cupĂ©rer, qui rĂ©pond au client, qui va nĂ©gocier et quoi, qu’est-ce qu’on promet rĂ©ellement ?

Le mieux, c’est que ce plan soit rĂ©digĂ© en amont et validĂ© par toutes les parties prenantes. Comme ça, lorsque la situation se prĂ©sente, vous pouvez facilement recadrer.

Dans ce plan, votre prioritĂ© va toujours ĂȘtre d’établir un Ă©tat des lieux de la situation avant mĂȘme de chercher une solution.

On ne cherche pas un coupable, on ne cherche pas qui a mal travaillé. On cherche à avoir une vision claire de la situation pour pouvoir la régler.

Je conseille de reprendre toute la chronologie : les délais qui se sont allongés, les mails restés sans réponse (en interne, mais aussi chez le client), les sujets qui reviennent depuis des semaines, les promesses faites un peu trop vite


👂 Écouter avant de vouloir convaincre

DeuxiÚme étape : organiser un point avec le client. Et là encore, on ne cherche pas à partager des solutions tout de suite.

Vous pensez sans doute dĂ©jĂ  comprendre le problĂšme et avoir une/des solutions Ă  proposer au client. Mais il ne faut pas oublier que l’un des points importants dans cette situation, c’est de montrer Ă  votre client que vous le comprenez.

Et pour ça, il faut lui montrer que vous l’écoutez.

Dans la plus part des cas, le sujet n’est pas uniquement opĂ©rationnel. Il y a souvent une accumulation de petites frustrations, des attentes mal alignĂ©es ou simplement un sentiment de ne pas avoir Ă©tĂ© suffisamment accompagnĂ©.

Donc allez Ă©couter le client. Posez des questions. Laissez-lui expliquer la situation de son point de vue. Soyez sincĂšrement curieux. Et Ă©coutez aussi ce qu’il ne dit pas.

đŸ€ ReconnaĂźtre les torts sans partir en justification

Il faut bien comprendre que si un client en est arrivĂ© Ă  menacer de partir, vous ne pourrez pas le convaincre uniquement en revenant sur ce qui s’est passĂ©.

Par contre, il est souvent intĂ©ressant d’expliquer simplement la situation de votre cĂŽtĂ©. Et surtout d’ĂȘtre capable de dire sincĂšrement : “Sur ce sujet, nous n’avons pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur.”

Mais on ne cherche pas Ă  transformer la discussion en justification. Oui, vous pouvez expliquer certains Ă©lĂ©ments de contexte. Mais ce n’est pas le moment de dĂ©rouler tout le process interne ou d’expliquer pourquoi telle Ă©quipe n’a pas rĂ©pondu Ă  temps.

Le client ne cherche pas un responsable. Il cherche surtout à savoir si vous comprenez l’impact que la situation a eu chez lui. Et dans beaucoup de cas, l’impact principal est la perte de confiance.

🔧 Reprendre le contrîle avec un vrai plan

Une fois que le client s’est senti entendu, il faut reprendre la main avec quelque chose de concret. Pas des promesses vagues faites dans l’urgence. Un vrai plan. Avec des actions claires, des responsables identifiĂ©s, des deadlines rĂ©alistes et un vrai suivi.

Le plan n’a pas besoin d’ĂȘtre trĂšs compliquĂ© ou totalement complet Ă  cette Ă©tape. Il est tout Ă  fait possible de dire : “J’ai besoin de 48h pour valider ce que nous pouvons vous proposer et revenir vers vous.”

Il faut par contre ĂȘtre trĂšs prĂ©cis sur ce que vous allez faire, quand, comment et vous tenir Ă  votre parole.

À ce stade, la confiance est souvent abĂźmĂ©e, donc votre prioritĂ© est de la restaurer. J’aime beaucoup verbaliser cette Ă©tape, par exemple en disant : “Je sais que la confiance n’est plus au niveau attendu aujourd’hui. Mon objectif n’est pas seulement de rĂ©gler les sujets opĂ©rationnels, mais de la reconstruire, sur la durĂ©e.”

💰 Et parfois
 il faut oser vendre

MĂȘme dans ce type de situation, il peut ĂȘtre pertinent de proposer un upsell. Évidemment, pas n’importe comment.

Il arrive souvent que le problĂšme du client provienne de son offre ou de son niveau d’accompagnement. Certains clients ont besoin d’un onboarding plus structurĂ©, de davantage de pilotage projet, d’un accompagnement renforcĂ© ou mĂȘme de dĂ©veloppements spĂ©cifiques.

La solution peut donc consister à faire évoluer leur offre à la hausse. Et oui, à leur faire payer ce nouveau produit ou service.

Je sais que ça demande beaucoup de confiance en soi de dĂ©fendre ce plan en interne et d’oser le proposer au client. Parce qu’on peut avoir l’impression que “ce n’est vraiment pas le moment de vendre”. Mais si vous pensez sincĂšrement qu’un service additionnel peut aider Ă  rĂ©soudre le problĂšme, il faut ĂȘtre capable de le proposer.

Si c’est vraiment ce dont le client a besoin, vous augmenterez sa confiance et votre crĂ©dibilitĂ©.

🎯 Votre dĂ©fi de la semaine

Posez-vous cette question : si un de vos clients stratégiques annonçait demain envisager de partir, est-ce que vous auriez un plan clair ?

  • Savez-vous qui reprend la main cĂŽtĂ© client ?

  • Qui coordonne les actions en interne ?

  • Et comment vous reconstruisez la confiance une fois l’urgence passĂ©e ?

Mon conseil : concentrez vous dĂšs maintenant pour rĂ©diger la premiĂšre version de votre plan d’action.

Alors oui, cela peut sembler un peu Ă  contre-courant des contenus qui expliquent que “faire le pompier”, c’est forcĂ©ment faire du mauvais Customer Success. Sauf que vous pouvez ĂȘtre le CSM le plus prĂ©parĂ© du monde, vous ne pouvez pas tout prĂ©voir.

Ce qui va faire la diffĂ©rence, c’est votre capacitĂ© Ă  avoir anticipĂ© l’imprĂ©visible 😉.

đŸŽ™ïžBreaking news

J’ai eu la chance d’ĂȘtre invitĂ©e par François au micro de CSM’s&Co, son excellent podcast dĂ©diĂ© au Customer Success.

Cet Ă©pisode m’a permis d’approfondir plusieurs thĂšmes que j’aborde rĂ©guliĂšrement dans CS Revenue : pourquoi les CSM s’autocensurent encore trop souvent face aux opportunitĂ©s, comment mieux valoriser son accompagnement auprĂšs des clients trĂšs demandeurs, ou encore comment le CS peut contribuer au revenu au-delĂ  du simple upsell.

Je vous invite vraiment Ă  aller l’écouter et Ă  me partager vos retours : lien spotify. Les Ă©changes de François sont toujours trĂšs pertinents, et je recommande chaleureusement son podcast Ă  tous les CSM qui veulent prendre du recul sur leur mĂ©tier.

Bonne semaine Ă  tous,

Marion

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