Vous avez des objectifs de vente, mais votre journĂ©e ressemble surtout Ă  : incident, rĂ©union de crise, call “exceptionnel” pour rattraper un ratĂ© produit, puis une formation improvisĂ©e Ă  18h.

Et quand votre manager vous demande quel upsell vous avez dĂ©tectĂ© aujourd’hui, le dĂ©calage vous saute aux yeux.

Mais voici la bonne nouvelle : c'est prĂ©cisĂ©ment quand tout va mal qu’on peut dĂ©finir un cadre clair qui va gĂ©nĂ©rer des opportunitĂ©s.

Ce travail pour sauver vos clients en difficulté ? Vous allez enfin pouvoir l'exploiter.

Bienvenue dans la 10Úme édition de CS Revenue !

⏰ Le piùge du temps offert

Dans les contextes difficiles (bugs, dette produit, contraintes internes cĂŽtĂ© client), le rĂ©flexe est simple : compenser par du temps d’accompagnement. Des rĂ©unions supplĂ©mentaires. Des heures en plus. Du "sur mesure" qui n'Ă©tait pas prĂ©vu.

On se dit que c'est normal. Que "ce n'est vraiment pas le moment de parler budget", qu'on "protĂšge la relation".

Sauf que ça crée trois problÚmes simultanés :

  1. Un standard invisible : La premiÚre fois qu'on dit "oui" sans cadre, le client note mentalement : "Le CSM, c'est illimité et gratuit." La prochaine fois, il ne demande plus poliment. Il attend.

  2. La valeur s'efface : Plus on donne sans contrepartie, moins ce qu'on fait a de la valeur aux yeux du client. C'est un biais cognitif classique : ce qui ne coûte rien ne vaut rien. On devient un support sympathique, pas un expert qui apporte des résultats.

  3. Une balle dans le pied pour les deals futurs : Quand vient le moment de proposer une offre payante d'accompagnement avancé, le client s'étonne : "Mais vous faites déjà tout ça gratuitement ?"

âČ Vendre votre temps, pas vos conseils

Comment expliquer au client que votre accompagnement est payant ? En distinguant votre expertise de votre temps.

Votre expertise (inclus) : vos conseils stratĂ©giques, comment utiliser vos produits, votre analyse de l'usage et des dysfonctionnements, votre Ă©coute (et patience)
 Vous ĂȘtes expert de votre secteur, du mĂ©tier de vos clients, de votre produit. C'est cette expertise que le client paie quand il a un CSM dĂ©diĂ©.

Votre temps (Ă  valoriser) : tout ce que le client pourrait faire avec vos conseils mais qu'il prĂ©fĂšre vous dĂ©lĂ©guer (paramĂ©trages, templates, analyses, actions dans l'outil...). Vous pouvez choisir de l'offrir exceptionnellement en crise, mais ça doit ĂȘtre clair pour tous que ce n'est pas pas la norme.

💬 Expliquer que c’est offert (et pourquoi)

La clé : ne jamais laisser un geste "exceptionnel" devenir une norme silencieuse :

"Je comprends que vous traversez une phase complexe avec [problÚme X]. Voici ce que je vous propose : un accompagnement renforcé sur les 4 prochaines semaines. Ateliers supplémentaires, suivi hebdomadaire, priorisation de vos sujets critiques.

Pour cette phase de rattrapage liée aux impacts que vous avez subis, la prestation vous sera offerte à titre exceptionnel.

Ensuite, si ce niveau d'accompagnement vous convient, on pourra continuer sur ce format structuré et récurrent, avec un cadre clair et un budget dédié."

Cette formulation fait trois choses simultanément :

  • ✅ ReconnaĂźtre le problĂšme (lĂ©gitimitĂ© Ă©motionnelle)

  • ✅ Valoriser l'effort (ce n'est pas neutre, c'est exceptionnel)

  • ✅ Ouvrir la porte Ă  une offre payante (sans agressivitĂ©)

đŸ§Ș Soyez transparent
 et testez

PlutĂŽt que d’éviter le sujet, mets les choses noir sur blanc :

  • Ce qui est inclus dans l’abonnement / contrat actuel.

  • Ce qui est exceptionnel et offert sur une pĂ©riode donnĂ©e.

  • Ce que pourrait ĂȘtre une option “normalisĂ©e” Ă  l’avenir.

On peut mĂȘme transformer ce "geste" en "test offert” :

"On peut tester pendant 4 semaines ce modÚle d'accompagnement renforcé. On mesure ensemble l'impact et si c'est concluant, on regarde comment l'intégrer de façon récurrente dans une offre adaptée à votre contexte."

Le mot “test” baisse la pression, tout en posant un cadre temporel.

đŸ‘„ DĂ©lĂ©guer pour protĂ©ger la relation

Quand la crise est trop importante, on a autant besoin de pompier, pour éteindre le feu, que de policier pour sécuriser la zone. Et le CSM ne peut pas jouer tous les rÎles.

"Vu le volume de demandes additionnelles, je vois valider ça avec mon responsable pour ĂȘtre sĂ»r de vous proposer quelque chose de pĂ©renne. Je ne veux pas vous promettre un suivi intensif si on ne peut pas le tenir dans la durĂ©e."

Ce n'est pas se défausser. C'est montrer qu'on prend au sérieux ce qu'on offre (et accessoirement, utiliser son chef comme le bad cop, cf newsletter de la semaine derniÚre).

🎬 3 mini-scripts à utiliser dùs cette semaine

  1. Pour compenser un problĂšme produit

    “Il y a clairement eu un impact nĂ©gatif chez vous, donc je vous propose un accompagnement renforcĂ© sur le prochain mois. Je le prends Ă  ma charge pour cette pĂ©riode, puis on fera le point ensemble sur ce qui est pertinent de garder ensuite comme package.”

  2. Quand le client demande ‘encore’ une rĂ©union gratuite

    “On peut tout Ă  fait organiser ce type de session rĂ©guliĂšrement, mais lĂ  on est dĂ©jĂ  au-delĂ  de ce qui est prĂ©vu dans votre contrat. Soit on reste dans le cadre actuel et on priorise, soit on regarde ensemble un format d’accompagnement avancĂ© qui inclut ces rĂ©unions.”

  3. Quand vous voulez introduire une offre d’accompagnement payante

    “Ce qu’on fait aujourd’hui en mode ‘urgent’, on peut le transformer en modĂšle structurĂ© : rituels fixes, livrables, suivi. Si ça vous aide, je peux vous envoyer une proposition qui formalise ce niveau d’engagement de notre cĂŽtĂ©.”

⚡ DĂ©fi de la semaine

Cette semaine, choisis une situation oĂč vous avez jouĂ© au pompier et reformulez-la avec un cadre clair : ce qui est offert maintenant, et ce qui pourrait devenir une offre d’accompagnement.

Qui est votre pompier favori parmi vos collùgues ? Envoyez lui la newsletter pour qu’il s’inscrive : 👉 https://csrevenue.fr

La semaine prochaine : Pourquoi (et comment) arrĂȘter d’envoyer ses devis par mail ?

Bonne semaine Ă  tous,

Marion

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